mercredi 18 avril 2012

France. Election présidentielle 2012. 4/11



François Bayrou

Images extraites de la campagne officielle diffusée par les chaînes publiques de la télévision française
























Mon avis :

La forme : On croyait Bayrou mordu de nouvelles technologies de l'information. Et pourtant aucune référence à une adresse de site Internet. Le reste est une campagne plan-plan de notable de province. On serre des mains, on visite des ateliers et des usines, on tient des discours. L'ensemble dégage quand même une formidable impression de banalité.

Le fond : Docteur Médiocre. C'est le titre que je lui avais attribué en 2007, alors même qu'il talonnait Ségolène Royal dans les sondages, réussissant un tonitruant 18 pour cent et des poussières au premier tour de la présidentielle. Seulement voilà : l'homme est vraiment médiocre. Car, dans une république parlementaire à l'allemande, espagnole, autrichienne..., Bayrou et son parti centriste auraient les plus grandes chances d'être au centre de toutes les coalitions parlementaires, à l'instar du FDP allemand, qu'on a vu sous Willy Brandt et Helmut Schmidt siéger aux côtés du SPD, et sous Helmut Kohl, aux côté de la CDU. Ça s'appelle du pragmatisme ou de l'opportunisme. Mais ça marche, en tout cas dans les authentiques démocraties parlementaires.

Tandis qu'en France, avec ce système constitutionnel digne des plus infâmes républiques bananières, un homme comme Bayrou, avec son petit parti, n'a aucune chance de bien figurer à la présidentielle, en tout cas, aucune chance de l'emporter, l'exemple de Giscard d'Estaing en 1974 étant une exception à la règle, voire une confirmation de la règle dans la mesure où, en 1974, Giscard a eu besoin de la "trahison" du gaulliste de service (Chaban Delmas) par Jacques Chirac. Mais avec le départ fracassant du même Chirac du gouvernement, il était clair que les jours de Giscard étaient comptés.

Sachant tout cela, un Bayrou intelligent se serait battu pour la fin de la république autocratique instaurée par De Gaulle et un retour à une démocratie parlementaire dont on voit que c'est un système politique durablement établi dans toute l'Europe communautaire. Au lieu de quoi, ce pauvre bonapartiste aux petits pieds s'échine à vouloir jouer les hommes providentiels, avant de voir son parti se faire aplatir lors des législatives, ce qui devrait être de nouveau le cas en 2012.

Médiocrité quand tu nous tiens !




Notes :

Forme : 2.5/5
Fond : 2/10
Impression générale : 2.5/5
Total : 7/10